t.vautrat@sudouest.com
Comme prévu, les Ferrari ont signé imparable doublé sur le
circuit de Magny-Cours, s’imposant devant la surprenante Toyota de Trulli, la
McLaren de Kovalainen et la BMW-Sauber de Kubica. Comme la saison dernière, ce
n’est pas l’auteur de la pole-position, qui l’a emporté, mais le deuxième
homme, Felipe Massa. Ce dernier, meilleur chrono des essais en 2007, avait subi
la loi de Räikkönen, auteur d’une superbe démonstration entre ses ravitaillements.
Le destin a rendu une monnaie amère au Finlandais qui, alors qu’il volait vers
une confortable victoire, fut victime d’un problème d’échappement et dut, au
38e tour, laisser filer son coéquipier brésilien. Il put néanmoins préserver sa
deuxième place de la convoitise de Trulli. “La voiture était lente en
ligne droite et en sortie de virage lent”, commenta-t-il après l’épreuve.
“Dans les derniers tours, à plusieurs reprises, elle s’est presqu’arrêtée.
Heureusement, j’avais pu prendre assez d’avance en début de course pour me
prémunir d’un retour de mes adversaires. Dans ces conditions, je suis plutôt
content d’avoir pu finir la course et de marquer huit points.”
Felipe Massa, de son côté, bénit la chance qui lui offrit
cette victoire. “De temps en temps, il vous faut de la chance dans la vie.
La course ne fut pas facile pour autant, avec ces petites averses qui, tout, à
coup, changeaient les conditions d’adhérence.” En signant sa troisième
victoire de la saison, après Bahrein et Istanbul, la huitième de sa carrière,
le pilote brésilien prend la tête du championnat, avec 48 points, devant kubica
(46), Räikkönen (43) et Hamilton (38 points). Ce dernier est la grande victime
de la journée, qui n’a pas pu marquer le moindre point. Sa bêtise de Montréal lui
aura coûté cher, en le pénalisant de dix places au départ du rendez-vous
français. Qui plus est, il fut une fois de plus pénalisé d’un
“drive-through”, pour avoir doublé Vettel en coupant la chicane et
vit donc sa remontée compromise, par un passage au stand qui le rejeta de la
10e à la 13e place. Il se retrouva ainsi 18e , après son arrêt
ravitaillement au 18e tour. Il remonta progressivement, pour échouer à la 10e
place derrière Coulthard. “Ma punition était sûrement un peu sévère. J’ai
le sentiment d’avoir dépassé mon adversaire dans les règles et j’avais
l’avantage dans le virage”, dit-il. ” Mais j’étais à l’extérieur, ce
qui ne m’a pas permis de prendre une trajectoire normale. Alors, j’ai perdu
l’arrière et je suis passé par dessus le vibreur. Après, cela j’ai attaqué très
fort jusqu’à la fin de la course. C’est la troisième fois que je ne marque pas
de points, je suis à dix longueurs mais il reste dix courses. Je suis déterminé
à rebondir à Silverstone devant mon public.” Certes, mais Ferrari s’annonce
tout autant redoutable en Angleterre dans quinze jours…
Chez Toyota, on accueillit la troisième place de Jarno Trulli comme une
victoire. Le petit Italien dédia son podium à Ove Anderson, cet ancien pilote
de rallye, responsable du programme sportif de la marque et décédé récemment
dans un accident de la route, alors qu’il parcticipait à une course de voitures
historiques en Afrique. Trulli batailla fermement pour préserver sa troisième
place des assauts de Kovalianen. Lui qui avait été renvoyé de chez Renault il y
quelques années pour n’avoir pas du résister à la pression d’un de ses
adversaires, fut cette fois héroïque.
L’une des sensations du jour fut créée par Nelson Piquet. Auteur d’une course
opiniâtre, le Brésilien finit 7e devant Fernando Alonso, il est vrai victime
d’une erreur in attendue, par la faute d’un retardataire. Enfin Sébastien
Bourdais livra une course difficile, coincé qu’il fut en 15e position derrière
Nakajima, parti sur une stratégie à trois arrêts. Son autre problème survint après
son prermier ravitaillement. Alors qu’il évoluait devant Räikkönen et qu’il
s’échappait, il fut contraint de le laisser passer à cause des drapeaux bleus
agités devant lui. Une fois derrière, il ne put rien faire d’autre que de le
suivre.