t.vautrat@sudouest.com
Les pilotes de F1 feront-ils grève à Silverstone ? La menace est bien réelle ; elle a été formulée hier à Magny-Cours par les membres du GPDA (Grand Prix Drivers Association), l’association des pilotes de Grand Prix. Quel est l’objet du litige ? Le prix de la Super Licence que les pilotes sont obligés de payer auprès de la FIA pour courir en F1 et qui va subir une augmentation spectaculaire la saison prochaine.
Ce système est assez particulier, puisque mieux on est classé, plus on paye ! La FIA a beau rétorquer que mieux on est classé, plus les salaires que l’on touche sont élevés, cela n’amuse pas Kimi Räikkönen le champion du monde d’avoir à sortir la plus grosse somme de tous les coureurs engagés! Jusqu’à présent, les pilotes devaient s’acquitter d’un forfait de 1725 euros, auquel s’ajoutaient 456 euros par point marqué. Ce qui signifie que la vedette de la Scuderia a dû s’acquitter d’une somme de 67.286 euros pour courir cette saison. C’est dérisoire pour un garçon qui touche entre 25 et 30 millions d’euros par an. Mais il vit cela comme une pénalité et de savoir que ce sera encore plus cher en 2009 l’agace prodigieusement.
Car la FIA n’y est pas allée avec le dos de la cuillère. La saison prochaine, il faudra payer un forfait de 10.000 euros, plus 2.000 euros par point marqué. Räikkönen, qui a inscrit 110 points en 2007, aurait été taxé de 230.00 euros ! Une belle somme, effectivement, qui indigne la plupart de ces coursiers, comme Mark Webber. ”Les gens doivent comprendre la situation”, dit-il. “Il est évident que nous sommes bien payés mais jusqu’à preuve du contraire, un Cristiano Ronaldo n’est pas obligé de sortir 300 dollars par an pour jouer au football. »
Alerté par une lettre co-signée par Alonso, Webber et de la Rosa, Max Mosley le président de la FIA s’est dit prêt à rencontrer les pilotes pour discuter du sujet. Il est vrai qu’une grève ferait mauvais effet pour lui…
t.vautrat@sudouest.com
Le sujet revient régulièrement à l’ordre du jour quand les protagonistes se
déchirent : la F1, par la voix de Bernie Ecclestone, menace de s’affranchir de
la tutelle de la Fédération internationale de l’automobile et de créer un
championnat parallèle. De fait, les accords de la Concorde étant arrivés à
échéance à la fin de l’année 2007, la discipline n’est régie que par des règles
tacites, car aucun accord n’a pu être redéfini. Il est vrai qu’en F1, il est
très difficile de faire avancer les choses, puisqu’il faut l’unanimité pour
chaque décision. A Montréal, Bernie Ecclestone a pris les choses en main,
convoquant tous les chefs d’écurie pour les convaincre de la nécessité de
progresser dans la bonne direction. « Nous devrions être arrivés à un accord
depuis deux ans », a-t-il dit. « Le problème est que tout le monde cherche à se
négocier un avantage. »
Cette négociation se déroule sur fond de guerre entre
Ecclestone et Mosley. Le premier souhaite en effet la démission du second, à la
suite de l’affaire de scandale sexuel dans laquelle il a été compromis, cela
parce que cette affaire nuit à l’image de marque de la F1, dixit Ecclestone.
Mosley, de son côté, souhaiterait que soit redéfini e la distribution des
revenus commerciaux de la F1 et accuse Ecclestone de vouloir minimiser le rôle
de la FIA, garante des règles sportives. Ce à quoi ce dernier répond qu’il peut
très bien s’affranchir de la fédération internationale et, qu’après tout, le
NASCAR, aux USA, fonctionnait en totale autonomie.
Hier Bernie a été obligé de minimiser ses propos. Il est
vrai que sa menace de scission ne tient pas compte d’une chose : la position
légaliste de l’équipe Ferrari, qui ne courra que pour un championnat labellisé
FIA. Or, la F1 sans Ferrari ne serait plus tout à fait la F1.
Hamilton
avait crevé. Il
était temps que le Grand Prix de Monaco s’arrête pour Lewis Hamilton. L’équipe
McLaren s’aperçut en effet, pendant le tour d’honneur de son pilote, que sa
monoplace était crevée! En sachant que l’épreuve avait été amputée de deux
tours, on peut se dire que le jeune Anglais a eu un joli coup de chance.
Kimi mal parti. La course de Kimi Räikkönen fut ratée. Elle partit même
très mal à cause d’un écrou de roue qui se grippa et ne permit pas à son équipe
de monter les pneus dans les délais requis, d’où la pénalisation d’un « drive
through » qui lui fut imposée. Kimi, après l’épreuve, s’excusa publiquement
auprès d’Adrian Sutil pour avoir ruiné sa prestation. Sutil sermonné. Aussi
bizarre que cela puisse paraître, Adrian Sutil fut sermonné par les
commissaires. S’il est vrai que sa 4e place devait beaucoup à son talent, elle
était aussi le résultat d’un dépassement sous drapeau jaune : au 13e tour, le
jeune Allemand se permit de prendre le meilleur sur Barrichello, Nakajima et
Piquet à la fois ! Trop beau pour être tout à fait honnête.
Pic à
pic. Le jeune
Français Charles Pic, qualifié en pole-position, a réussi un joli coup en
remportant dimanche matin la course de Renault 3.5. Le pilote de Romans-sur-Isère,
à peine 18 ans, ne commit aucune faute dans une épreuve disputée entièrement
sous la pluie, résistant à la pression de ses rivaux. Il reçut la coupe des
mains de Calos Goshn le président de Renault, ravi de voir un jeune pilote
tricolore s’imposer à Monaco.
Mosley
opportuniste. Mas
Mosley est un malin. Il vient de créer une fondation, qui sera chargée de
répartir les 60 millions de dollars obtenus à partir de l’amende de 100
millions de dollars infligée à McLaren la saison dernière au sujet de l’affaire
d’espionnage de Ferrari. Cette fondation veut doter la recherche en matière de
sécurité dans le sport automobile. Le président de cette fondation n’est autre
que Michael Schumacher. Ainsi Mosley, membre du comité directeur, a su se
rendre indispensable, au moment où son avenir à la tête de la FIA va se jouer !
Jeudi 22 mai
Piquet sur la
sellette
Nelson Piquet, fils du triple champion du monde, est sur la
sellette chez Renault, après un début de saison très décevant. Les noms
circulent déjà pour le remplacer dès le Grand Prix du Canada, avec un favori,
paraît-il, Takuma Sato. Hier, ses affaires ne sont pas arrangées lorsqu’il tapa
le rail à sainte-Dévote. Mais comme Fernando Alonso s’offrit lui aussi une
touchette au même endroit, on imagine que cela tempéra la colère de Flavio
Briatore.
Mosley façon star
Max Mosley, impliqué dans un scandale sexuel à caractère
nazi, révélé par le tabloïd News of the World, a effectué son retour hier à
Monaco sur un circuit de F1. Quand il
apparut, les photographes se ruèrent sur lui, comme ils l’auraient fait pour
une star de cinéma venu de Cannes. En l’occurrence, Mosley serait plutôt une
star du porno !
Mosley bis
A Monaco, le président de la FIA n’assume aucune fonction
officielle. Il est de toute façon persona non grata auprès de la famille
princière. Cela ne l’a pas empêché d’écrire une lettre à toutes les parties
prenantes de la F1, pour les mettre en garde contre les conséquences que sa
destitution entraînerait éventuellement. Il se pose en garant de la
réglementation, face aux détenteurs des droits commerciaux de la discipline et
des équipes de F1 qui, selon lui, la feraient évoluer dans le mauvais sens. Ce
à quoi Bernie Ecclestone répondit qu’il avait bien l’intention de défendre ses
intérêts.
Ferrari souffre
L’équipe Ferrari a
éprouvé de grosses difficultés à mettre au point la F-2008 avec les nouveaux
pneus « Super soft » utilisés hier après-midi, ce qui
explique la 3e place de Räikkönen. Ces gommes ont en revanche
parfaitement convenu à Rosberg, auteur du deuxième chrono.