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Un BLOG de la Rédaction
du Journal SUD OUEST

19000 tours
Le Blog de Thierry Vautrat consacré à la F1

Vettel de Toro Rosso à Red Bull

t.vautrat@sudouest.com

Ce qui n’était qu’un secret de Polichinelle a été confirmé ce jeudi à Hockenheim. C’est bel et bien le jeune Allemand Sebastian Vettel , 21 ans, qui remplacera David Coulthard chez Red Bull la saison prochaine. Arrivé en F1 la saison dernière comme pilote réserve de l’équipe BMW Sauber, il avait remplacé Kubica à Indianapolis, à la suite de son accident du Canada. Ses performances convaincantes lors des essais du vendredi lui valurent alors un volant chez Toro Rosso, en remplacement de l’Américain Scott Speed. Au volant de la modeste monoplace italienne, Vettel s’illustra au Japon où, remonté en troisième position, il heurta Webber sous régime de voiture de sécurité. Il réussit son meilleur résultat en Chine où il finit 4e. Son arrivée chez Red Bull met un terme aux rumeurs qui faisaient de Fernando Alonso le coéquipier de Mark Webber en 2009. Elle laisse aussi une place disponible chez Toro Rosso (deux si l’on considère que Bourdais n’a pas été confirmé). Parions pour Bruno Senna, très en vue en GP2 cette saison. Alonso, de son côté, n’a plus beaucoup de choix. Sauf si BMW se décidait à se séparer de Heidfeld, il devrait honorer sa dernière année de contrat chez Renault, avant de peut-être passer chez Ferrari où la rumeur l’envoie avec insistance.

 

La déception Bourdais

t.vautrat@sudouest.com

Parmi les déceptions du week-end de Silverstone, il faut malheureusement bien ranger Sébastien Bourdais, qui n’a terminé qu’à une très anonyme 11e place devant Massa et Glock. Pourtant, avant la départ de cette course, le Manceau avait ardemment souhaité la pluie. Parce qu’elle était censée gommer les imperfections de sa monoplace. Parce qu’elle était censée lui permettre de se mettre en valeur.
  Et bien, il ne s’est rien passé de tout cela et il est sans doute heureux pour lui que son coéquipier Sebastian Vettel ait été sorti de la piste dès le premier tour par David Coulthard. Car le jeune Allemand a toujours su profiter des mauvaises conditions météo pour s’illustrer, témoin sa superbe course du Japon la saison dernière. Il est évident qu’il  aurait réussi une belle prestation dimanche.
   On aurait aimé voir Sébastien Bourdais prouver quelque chose. On aurait aimé le voir mener une course incisive, attaquer ses adversaires, tenter des dépassements. On ne vit rien de tout cela.  Juste une prestation terne en queue de peloton. 
  Malheureusement pour Sébastien Bourdais, il n’a pas beaucoup de considération au sein de son écurie. Qui le fit partir sur une stratégie à un seul arrêt, proprement ridicule dans une course qui se déroule sous la pluie. Il se traîna donc avec une voiture lourde, dont il pouvait d’autant moins espérer qu’il s’était lui-même quelque peu fourvoyé dans ses réglages. Enfin, Toro Rosso refusa de l’écouter quand il demanda à rentrer au stand, en constatant l’usure de ses pneus. De cette course, il ne pouvait rien espérer d’autre que d’aller au bout. Ce qu’il fit, contrairement à Coulthard, Sutil, Fischella, Button, Kubica ou Button,  tous sortis de la piste. C’était sûrement un exploit en soi mais malheureusement difficilement perceptible. Pour le Manceau, le futur ne s’annonce pas très rose.



Le triomphe d’Hamilton

t.vautrat@sudouest.com

D’aucuns s’étaient risqué à l’affirmer dès la saison dernière. Cela avait pu paraître prématuré à d’autres. L’homme nous l’a confirmé dans un Grand Prix d’Angleterre disputé sous la pluie battante : il y a du Senna chez Lewis Hamilton. Oui, il y a du Senna chez ce jeune homme, cette sublime maestria du pilotage sous la pluie. Sur l’eau, le Brésilien entrait en lévitation, comme possédé par de divines inspirations et jouait sur le fil du rasoir avec un art qui le plaçait dans une autre dimension. Quand les autres tentait de rester sur la piste, lui volait et narguait ses rivaux de son talent inouï.

Sous la pluie de Silverstone, Lewis Hamilton a piloté avec cette même virtuosité, ridiculisant ses adversaires, comme il l’avait déjà fait au Japon l’année dernier ou à Monaco cette année. Il s’est imposé avec la même aisance, qui lui permit de prendre un tour à Räikkönen et Alonso , puis de terminer sur les talons du troisième Rubens Barrichello, relégué à 1’20’’ ainsi que de Nick Heidfeld, deuxième à 1’8’’, au bénéficie d’un bon choix de pneu au bon moment ! Le jeune Anglais, si ce n’est un tout droit sans conséquence dans une chicane, ne commit aucune faute, quand ses rivaux, Massa (6 têtes à queue), Räikkönen, Kubica, Webber multiplièrent les figures.

Lewis Hamilton est le nouveau maître de la pluie. Il a remporté sur ses terres la première victoire d’un Anglais depuis le succès de Johnny Herbert en 1995. Son triomphe lui permet d’effacer les erreurs qui lui avaient coûté cher au Canada et en France. Le voilà revenu en tête du championnat, à égalité avec les deux pilotes Ferrari. Un nouveau championnat commence et bien malin qui peut donner le nom du futur champion du monde.

Le classement : 1.Hamilton(McLaren-Mercedes  1h39:09.440; 
2.  Heidfeld (BMW Sauber)1:08.500;
3.Barrichello (Honda) 1:22.200 ; 
4.Raikkonen     (Ferrari)à 1 tour ; 
5. Kovalainen (McLaren-Mercedes ; 
6. Alonso (Renault) ; 
7. Trulli (Toyota) ; 
8. Nakajima (Williams-Toyota); 
9. Rosberg (Williams-Toyota) ; 
10. Webber (Red Bull-Renault) ; 
11. Bourdais (Toro Rosso-Ferrari) ; 
12. Massa (Ferrari).
Championnat du monde : 1. Räikkönen, Massa, Hamilton (48 pts) ; 
4. Kubica (46); 
5. Heidfedl (36) ; 
6. Kovalainen 24.
 

Kovalainen première

t.vautrat@sudouest.com
Heikki Kovalainen a créé la sensation en signant la pole-position du Grand Prix de Grande Bretagne en 1’21’’049. C’est la première pole-position de la carrière du jeune Finlandais, qui avait déjà dominé les essais libres la semaine dernière à Silverstone, ce qui prouve qu’il est manifestement très à l’aise sur cette piste. Cette épreuve nous offre d’ailleurs une première ligne inédite et surprenante, puisque le deuxième des qualifications est Mark Webber (1’21’’554), excellent depuis deux jours au volant de sa Red Bull.
Pour les Anglais, la déception est venue de Lewis Hamilton, que tout le public attendait en pole. Le pilote McLaren avait d’ailleurs signé le meilleur chrono absolu en Q2 en 1’19’’537. Il semblait parti pour dominer tout le monde en Q3 mais, alors qu’il possédait 7 dixièmes d’avance sur tout le monde sur son premier tour rapide, il ne put éviter de partir à la faute. Aussi fut-il un peu contraint d’assurer le coup sur son deuxième run. Résultat, il n’a signé que le 4e temps en 1’21’’835, juste derrière Räikkönen (1’21’’706). De tous
  les pilotes de pointe, il fut celui qui tourna le moins en Q1.
 A ce sujet, on attendait beaucoup mieux des Ferrari et notamment de Felipe Massa, le leader du championnat du monde, d’ordinaire excellent dans l’exercice des qualifications. Le petit Brésilien n’a signé que le 9e temps en 1’23’’305, à plus de deux secondes de la pole ! Il a même subi l’affront de se faire devancer d’une demi-seconde par la Toro Rosso de Vettel, qui utilise elle aussi un moteur Ferrari. Trop gros pour être vrai ? Peut-être. Le petit Brésilien fut victime d’un problème de roue à son retour aux stands après son premier run. Mais d’aucuns se demandent si la Scuderia n’aurait pas sciemment choisi des réglages pluie en prévision du mauvais temps…

 

Hamilton s’y prend mal

t.vautrat@sudouest.com

A l’arrivée du Grand Prix de France, Lewis Hamilton cache une énorme colère intérieure derrière un air fataliste un peu contrit. Il assure, avec la mine de celui pense l’inverse de ce qu’il affirme, qu’il ne se sent pas persécuté. Il se demande pourtant comment son équipe a pu prendre trois pénalités dans le même week-end, alors que Ferrari semble pouvoir tout se permettre. Räikkönen aurait dû en effet être arrêté car le morceau d’échappement qui pendait sur les flancs de sa monoplace créait un dangfer potentiel… Hamilton ne comprend pas la pénalité qui lui a été infligée sur la piste, ce « drive through » qui lui enleva toute chance de marquer des points dans cette épreuve. Il a beau multiplier les explications, les images prouvent qu’il a bel et bien passé Vettel en coupant la chicane. McLaren écopa donc d’une troisième pénalité dans le même week-end, après le recul de dix places infligé à Hamilton et celui de cinq places infligé à Kovalainen au départ!
   Le jeune Anglais a donc perdu gros dans cet accrochage du Grand Prix du Canada. On peut estimer qu’il a perdu la troisième place à Montréal, puisque Räikkönen et Kubica  l’avaient précédé à la sortie des stands et la seconde à Magny-Cours. Troisième temps des essais en France, il n’aurait pas pu inquiéter Massa mais aurait devancé Räikkönen, handicapé par la rupture de son pot d’échappement.  En tout, cela fait 14 points égarés à cause de cet accident canadien. On verra ce qu’il adviendra de cette saison, mais si Hamilton devait perdre le titre pour moins de 14 points, il sera inutile de chercher ailleurs les raisons de cet échec. Deux titres successifs envolés à l’entrée et à la sortie des stands, cela fait beaucoup…
   Il est évident que si le jeune Anglais veut devenir champion du monde, il va lui falloir cesser de se croire plus fort que tous ses rivaux. Il fut mal conseillé en Chine mais vit rouge au Brésil quand Alonso le devança au départ. Il vit rouge encore à Montréal, avec Kimi devant lui, s’apercevant à la dernière seconde que le feu était rouge. En France, il manqua de discernement. Parce qu’à se croire invincible, il commit la faute irréparable sur Vettel. Lewis Hamilton va devoir apprendre l’humilité, apprendre à se contenter de petits points, quand la victoire ne lui sourit pas. C’est à ce seul prix qu’il pourra espérer conquérir la couronne mondiale un jour.   
 

Felipe Massa prend le pouvoir

t.vautrat@sudouest.com

Comme prévu, les Ferrari ont signé imparable doublé sur le circuit de Magny-Cours, s’imposant devant la surprenante Toyota de Trulli, la McLaren de Kovalainen et la BMW-Sauber de Kubica. Comme la saison dernière, ce n’est pas l’auteur de la pole-position, qui l’a emporté, mais le deuxième homme, Felipe Massa. Ce dernier, meilleur chrono des essais en 2007, avait subi la loi de Räikkönen, auteur d’une superbe démonstration entre ses ravitaillements. Le destin a rendu une monnaie amère au Finlandais qui, alors qu’il volait vers une confortable victoire, fut victime d’un problème d’échappement et dut, au 38e tour, laisser filer son coéquipier brésilien. Il put néanmoins préserver sa deuxième place de la convoitise de Trulli. “La voiture était lente en ligne droite et en sortie de virage lent”, commenta-t-il après l’épreuve. “Dans les derniers tours, à plusieurs reprises, elle s’est presqu’arrêtée. Heureusement, j’avais pu prendre assez d’avance en début de course pour me prémunir d’un retour de mes adversaires. Dans ces conditions, je suis plutôt content d’avoir pu finir la course et de marquer huit points.”

Felipe Massa, de son côté, bénit la chance qui lui offrit cette victoire. “De temps en temps, il vous faut de la chance dans la vie. La course ne fut pas facile pour autant, avec ces petites averses qui, tout, à coup, changeaient les conditions d’adhérence.” En signant sa troisième victoire de la saison, après Bahrein et Istanbul, la huitième de sa carrière, le pilote brésilien prend la tête du championnat, avec 48 points, devant kubica (46), Räikkönen (43) et Hamilton (38 points). Ce dernier est la grande victime de la journée, qui n’a pas pu marquer le moindre point. Sa bêtise de Montréal lui aura coûté cher, en le pénalisant de dix places au départ du rendez-vous français. Qui plus est, il fut une fois de plus pénalisé d’un “drive-through”, pour avoir doublé Vettel en coupant la chicane et vit donc sa remontée compromise, par un passage au stand qui le rejeta de la 10e à la 13e place. Il se retrouva ainsi 18e , après son arrêt ravitaillement au 18e tour. Il remonta progressivement, pour échouer à la 10e place derrière Coulthard. “Ma punition était sûrement un peu sévère. J’ai le sentiment d’avoir dépassé mon adversaire dans les règles et j’avais l’avantage dans le virage”, dit-il. ” Mais j’étais à l’extérieur, ce qui ne m’a pas permis de prendre une trajectoire normale. Alors, j’ai perdu l’arrière et je suis passé par dessus le vibreur. Après, cela j’ai attaqué très fort jusqu’à la fin de la course. C’est la troisième fois que je ne marque pas de points, je suis à dix longueurs mais il reste dix courses. Je suis déterminé à rebondir à Silverstone devant mon public.” Certes, mais Ferrari s’annonce tout autant redoutable en Angleterre dans quinze jours…
Chez Toyota, on accueillit la troisième place de Jarno Trulli comme une victoire. Le petit Italien dédia son podium à Ove Anderson, cet ancien pilote de rallye, responsable du programme sportif de la marque et décédé récemment dans un accident de la route, alors qu’il parcticipait à une course de voitures historiques en Afrique. Trulli batailla fermement pour préserver sa troisième place des assauts de Kovalianen. Lui qui avait été renvoyé de chez Renault il y quelques années pour n’avoir pas du résister à la pression d’un de ses adversaires, fut cette fois héroïque.
L’une des sensations du jour fut créée par Nelson Piquet. Auteur d’une course opiniâtre, le Brésilien finit 7e devant Fernando Alonso, il est vrai victime d’une erreur in attendue, par la faute d’un retardataire. Enfin Sébastien Bourdais livra une course difficile, coincé qu’il fut en 15e position derrière Nakajima, parti sur une stratégie à trois arrêts. Son autre problème survint après son prermier ravitaillement. Alors qu’il évoluait devant Räikkönen et qu’il s’échappait, il fut contraint de le laisser passer à cause des drapeaux bleus agités devant lui. Une fois derrière, il ne put rien faire d’autre que de le suivre.

 

Magny-Cours: Räikkönen en pole devant Massa

t.vautrat@sudouest.com
Comme prévu sur ce circuit de Magny-Cours où elles sont toujours à l’aise, les Ferrari ont signé les deux meilleurs temps de la séance qualificative, devant Lewis Hamilton et Fernando Alonso. Mais alors qu’on attendait Felipe Massa, sans doute l’homme le plus vite du plateau sur un tour et auteur du meilleur chrono absolu en Q1 en 1’15’’024, c’est Kimi Räikkönen qui s’est attribué la pole-position, en 1’16’’449, laissant son coéquipier Felipe Massa à 41 millièmes. Le Finlandais, qui a signé la 200e pole-position de l’histoire de la Scuderia, la 16e de sa carrière et sa 2e de la saison après Melbourne, est bien parti pour rééditer son succès de la saison dernière, sur une piste où il a terminé sept fois de suite dans les points. Lui qui n’avait marqué aucun point lors des deux dernières courses, ne devrait pas manquer la possibilité de renouer avec la victoire ce dimanche.
Felipe Massa, à qui paraissait promis ce meilleur chrono, ne s’avouait pas déçu. « Cela reste une bonne qualif », dit-il. « J’ai peut-être un peu trop sur-piloté en Q3 ce qui m’a amené à commettre quelques erreurs. Mais, c’est bien d’être en première ligne. »
Lewis Hamilton, 3e en 1’16’’693, était de son côté un peu déçu, puisque la pénalité de dix places dont il a écopé à la suite de son accident du Canada, le renvoie en 13e position. « A chacun de mes deux tours, j’ai commis la même erreur, en sortant large du virage 7. J’ai perdu énormément de temps dans cette opération. J’ai attaqué partout, j’étais bien dans tous les secteurs, sauf dans celui-là. Nous avions réglé la voiture pour être aussi rapide que possible en qualification.”
Lewis Hamilton se montre cependant assez confiant pour la course. Il sait que Kimi Räikkönen, qui pilotait alors chez McLaren, avait réussi une très belle course en 2005, partant 13e, pour arriver second. “Ce ne fut pas facile de trouver la bonne stratégie”, expliqua-t-il. “J’ai confiance quant aux aptitudes de ma monoplace à dépasser en course. Mais si nous parvenions à prendre quelque points, ce serait un excellent bonus. »
La troisième place sera occupée par ce battant de Fernando Alonso, qui prouve ainsi les progrès de la R28. Le petit Espagnol peut espérer jouer les trouble-fête en début de course ce dimanche et pourquoi pas, obtenir son premier podium de la saison. A noter les difficiles qualifications des BMW Sauber, Kubica n’étant que 7e derrière Kovalainen et Truli alors que Heidfeld n’est pas parvenu à sortir de Q2.
Bourdais, lui, a réussi à passer en Q2 pour la deuxième fois de la saison, après Barcelone. Là, il dut se contenter du 14e temps en 1’16’’045 juste derrière son coéquipier Vettel, en 1’15’’816. Jamais, depuis le début du week-end, il n’a pu tourner plus vite que son coéquipier, ni à descendre sous les 1’16’’. « Cela s’est joué à pas grand-chose », lança-t-il après la séance. « J’espérais finir 12e mais la piste a beaucoup évolué. « Ma voiture, c’est l’anti-Bourdais. Elle sous-vire en entrée de virage serré et survire dans les rapides. »

Alonso rapide et… chambreur!

t.vautrat@sudouest.com

Fernando Alonso a créé une petite surprise vendredi à Magny-Cours, en signant le meilleur chrono de la deuxième séance d’essais libres au volant d’une Renault R28 que personne n’attendait à pareille fête. L’Espagnol, auteur d’un joli 1’15’’778, s’est montré plus rapide que les deux pilotes Ferrari, Massa (1’15’’854) et Räikkönen (1’15’’999), Hamilton (1’16’’232) et l’inattendu Vettel (1’16’’296). Le pilote Renault l’a plutôt joué modeste, en affirmant qu’il serait surpris de se qualifier devant les deux Ferrari ce samedi. D’ailleurs, le plus rapide de la journée fut Felipe Massa, meilleur chrono de la séance du matin en 1’15’’306, devant Hamilton (1’16’’002), Kovalainen (1’16’’055) et Kubica (1’16’’377). Alonso, victime d’une casse moteur, ne termina lui que 6e de cette séance en 1’16’’ 400.
Le double champion du monde, avec son air rigolard de garnement fier de ses bons coups, fit rire tout le monde en conférence de presse, au sujet du quart de finale de l’Euro 2008 entre l’Espagne et l’Italie. Questionné par un journaliste italien, qui voulait savoir quel était le joueur qu’il craignait le plus et quel était l’atout n°1 de l’Espagne, il eut cette réponse : « Celui que je crains le plus est Pirlo mais comme il ne jouera pas, il n’y aura aucun problème. Et l’atout n°1 de l’Espagne est notre gardien de but. Mais nous n’en aurons pas besoin. Il pourra se reposer en prévision des demi-finales !» Il se leva aussitôt et, en riant, vint serrer la main de notre confrère de la Gazzetta, avec l’air de celui qui présente ses condoléances !

Kubica jour de première

t.vautrat@sudouest.com

C’était jour de première dimanche à Montréal. Première victoire d’un pilote polonais en F1 et première victoire de l’équipe BMW en tant que constructeur à part entière. Mais c’est aussi la première victoire d’un constructeur suisse! Car BMW, pour s’installer en F1, n’a fait que racheter l’entité de Peter Sauber, dont les usines sont installées à quelques kilomètres de Zurich. La victoire de Robert Kubica est celle d’un pilote doué, oublié de la fillière Renault qui sut affirmer son talent grâce à un chef d’écurie français, Michel Lecomte. C’est en effet ce Sarthois, installé à Hendaye et patron d’une équipe basque installée derrière la frontière qui lui donna sa chance. Avec Michel Lecomte, Kubica se fit connaître en remportant le championnat de Formule Renault 3.5. Ce qui lui ouvrit les portes de BMW Sauber, dont il devint pilote d’essais. Ses performances du vendredi matin prouvèrent qu’il allait vite. Mario Theissen, le patron de l’écurie, n’aimait guère Jacques Villeneuve, pas assez performant, pas assez investi à son goût et beaucoup trop cher. Après deux sorties de pistes spectaculaires du Canadien en 2006, il préféra lancer ce Polonais si véloce. En 2007, Kubica connut une réussite très mitigée, se faisant dominer par Heidfeld. Il changea d’ingénieur à l’intersaison et perdit sept kilos pour être plus performant. On connaît le résultat. Kubica est aujourd’hui un prétendant solide au titre de champion du monde. Sa force est de commetre peu d’erreurs. Ainsi, en deux Grand Prix, a-t-il su exploiter les fautes de ses adversaires, celle de Räikkönen à Monaco, celle de Hamilton à Montreal.