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S’il est quelqu’un qui apprécie courir en France, c’est Nico Rosberg. Le jeune
pilote Williams que nous avons rencontré jeudi après-midi en exclusivité nous a
confié qu’il se sentait bien dans notre pays. « J’ai été sacré champion de
France et champion de la ligue Côte d’Azur de Karting », glisse-t-il. « J’ai
couru pendant deux ans dans ce pays. Avec mon père, j’ai parcouru tous les
coins de France possible. Je suis allé partout, à Pau, à Colmar, à St-Amand, au
Val d’Argenton : j’ai tout vu. On allait d’un hôtel Ibis à l’autre, avec une
bande de jeunes. La France, je la connais comme ma poche. » Nico Rosberg, fils
de Keke, sacré champion du monde 1982 chez Williams, est une riche
personnalité. Fils d’un père finlandais et d’une maman allemande, il porte la
nationalité de sa mère mais, pour avoir vécu à Monaco depuis sa naissance,
parle cinq langues avec aisance, l’allemand, le finlandais, l’italien, le
français et l’anglais.
Vous avez terminé 3e
du Grand Prix d’Australie mais ensuite vous avez connu des courses plus
difficiles. Pourquoi ?
J’étais content de mon début à Melbourne mais ensuite je
n’ai pas pu confirmer car la voiture manquait de performance sur les circuits
normaux, comme Barcelone ou Istanbul. Je ne suis donc pas parvenu à faire mieux
que deux fois 8e. C’est dommage car j’ai réussi une ou deux bonnes
courses comme à Barcelone où j’occupais la 6e place quand la voiture
a cassé. L’équipe m’avait fourni une bonne voiture pour Monaco et Montréal.
Malheureusement, je n’ai pas été à la hauteur de ce qu’on attendait de moi.
J’étais plutôt dans le bon rythme aux essais mais je suis sorti de la piste à
Monaco et j’ai eu cet accident dans la voie des stands au Canada.
Ce n’était pourtant pas
si mal jusqu’à vos accidents ?
Au point de vue vitesse, je suis content car j’ai pu montrer
que j’étais un des pilotes les plus rapides. Mais je n’ai pas pu marquer de
points et c’est ce qui compte à la fin. J’espère que pour les courses qui
viennent, je vais disposer d’une voiture plus compétitive.
A Magny-Cours, quels
sont vos espoirs ?
J’ai pris dix places de pénalité au départ à la suite de
l’accident de Montréal, ce sera donc difficile pour moi d’espérer quelque
chose. C’est dommage car j’aime beaucoup le circuit ici. J’y ai beaucoup couru.
J’ai gagné en Formule 3, en GP2. Il y a beaucoup de gens qui n’apprécient pas
venir ici parce que c’est au milieu de nulle part mais moi, je suis avec mon
motor-home ici, donc c’est pareil qu’ailleurs en Europe. Cette pénalité va
influencer ma stratégie parce que même si j’entre en Q3, cela risque de faire
dernier sur la grille. Il faudra donc tenir compte de la nécessité de dépasser
dans les régagles de ma voiture, cela en essayant de signer le meilleur chrono
possible en qualifs. Il faudra trouver le bon compromis.
Que s’est-il passé dans
cette voie des stands à Montréal?
Ce feu rouge était un élément inattendu pour moi. Je ne
m’attendais pas à ce qu’il soir rouge. C’était une situation nouvelle pour moi.
Et quand on ne s’attend pas aux événements, on met du temps pour réagir. Là,
c’était trop tard. En fait, moi, je ne voyais pas les voitures arrêtées.
J’avais juste Hamilton devant moi.
Vous disputez votre
troisième saison de F1 avec Williams. Avez-vous le sentiment de progresser ?
Moi, je progresse. Mais du point de vue de l’équipe, on n’a
pas progressé. L’an passé, nous étions à peu près à la même place. En
Australie, nous avons eu de la chance de finir 3e car je m’étais
qualifié en 8e position. C’’est difficile d’expliquer pourquoi nous
ne progressons pas. Pour autant, je me sens bien dans cette équipe, j’ai grandi
avec elle.
Est-il vrai que Ron
Dennis vous voulait pour remplacer Alonso?
Franlk Williams a confirmé qu’il avait reçu une offre de
McLaren. Il n’a pas voulu me laisser partir. Mais je ne regrette rien, je me
sens bien chez Williams.
Vous parle-t-on toujours
de votre père ?
Oui, un peu. Le problème, c’est qu’il vient sur tous les
Grand Prix. Il est commentateur pour la télévision finlandaise. Il me dit
toujours « il faut que je vienne pour le travail ». Dans les interviews, avant,
35% des questions qui m’étaient posées étaient consacrées à mon père.
Maintenant ce n’est plus que 18% ! Je suis donc toujours le fils de mon père !
Il faut que je gagne le titre pour que l’on ne m’en parle plus.