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du Journal SUD OUEST

19000 tours
Le Blog de Thierry Vautrat consacré à la F1

Archive pour la catégorie 'Grand Prix du Canada'

Hamilton a perdu gros

t.vautrat@sudouest.com

En fracassant sa McLaren dans l’arrière de la Ferrari de Kimi Räikkönen dimanche à Montréal, Lewis Hamilton a perdu bien plus que les dix points qui lui paraissaient promis. Il a en effet été pénalisé d’un recul de dix places sur la grille de départ du prochain Grand Prix, dans quinze jours à Magny-Cours, la même pénalité s’appliquant à Keke Rosberg.

Au Canada, le jeune Anglais évoluait sur un terrain qui lui était largement favorable, comme l’était auparavant le circuit de Monaco. Sa McLaren montre toujours une redoutable efficacité sur ces pistes tortueuses, qui conviennent à merveille à sa virtuosité de pilote. En ville, Hamilton cultive une sorte de sublimation qui le rend inaccessible.

Le problème pour lui, c’est que l’on va maintenant aborder des tracés traditionnellement plus favorables aux Ferrari, aussi bien Magny-Cours que Silverstone. Et dans des conditions de course normales, on voit mal qui pourra empêcher un doublé de la Scuderia dans la Nièvre. Hamilton n’a donc pas le choix. On peut imaginer qu’il fera tout pour aller chercher la pole-position, avec aussi peu d’essence que possible dans sa monoplace lors des qualifications. Il s’élancera donc au mieux en 11e position, avec l’espoir de finir 4e, avec un peu de réussite. Heureusement pour lui, il est un expert en départ et l’on peut penser qu’il gagnera plusieurs places au feu vert. Mais cela ne le met pas à l’abri d’un accrochage au premier virage…

Alonso de mauvaise humeur

t.vautrat@sudouest.com

Sorti de la piste alors qu’il se bagarrait avec Nick Heidfeld pour ce qui allait devenir la deuxième place, Fernando Alonso accusa son équipe d’avoir commis une grosse erreur stratégique, en le faisant ravitailler pendant l’entrée en piste de la voiture de sécurité pour l’accident de Sutil. L’Espagnol occupait alors la 5e place très loin devant l’Allemand. Lequel resta lui en piste quand les leaders ravitaillèrent. “Si nous étions restés en piste, nous aurions terminé devant Heidfeld”, pestait-il à l’arrivée. Dans le paddock, il se murmure que le pilote d’Oviedo ne va pas faire de vieux os chez Renault. Il se dit aussi qu’il aurait déjà signé un contrat chez Ferrari pour 2010 où il remplacerait Kimi Räikkönen, que beaucoup voient déjà à la retraite. En attendant, il lui faut encore patienter un an et demi.

 

Kubica jour de première

t.vautrat@sudouest.com

C’était jour de première dimanche à Montréal. Première victoire d’un pilote polonais en F1 et première victoire de l’équipe BMW en tant que constructeur à part entière. Mais c’est aussi la première victoire d’un constructeur suisse! Car BMW, pour s’installer en F1, n’a fait que racheter l’entité de Peter Sauber, dont les usines sont installées à quelques kilomètres de Zurich. La victoire de Robert Kubica est celle d’un pilote doué, oublié de la fillière Renault qui sut affirmer son talent grâce à un chef d’écurie français, Michel Lecomte. C’est en effet ce Sarthois, installé à Hendaye et patron d’une équipe basque installée derrière la frontière qui lui donna sa chance. Avec Michel Lecomte, Kubica se fit connaître en remportant le championnat de Formule Renault 3.5. Ce qui lui ouvrit les portes de BMW Sauber, dont il devint pilote d’essais. Ses performances du vendredi matin prouvèrent qu’il allait vite. Mario Theissen, le patron de l’écurie, n’aimait guère Jacques Villeneuve, pas assez performant, pas assez investi à son goût et beaucoup trop cher. Après deux sorties de pistes spectaculaires du Canadien en 2006, il préféra lancer ce Polonais si véloce. En 2007, Kubica connut une réussite très mitigée, se faisant dominer par Heidfeld. Il changea d’ingénieur à l’intersaison et perdit sept kilos pour être plus performant. On connaît le résultat. Kubica est aujourd’hui un prétendant solide au titre de champion du monde. Sa force est de commetre peu d’erreurs. Ainsi, en deux Grand Prix, a-t-il su exploiter les fautes de ses adversaires, celle de Räikkönen à Monaco, celle de Hamilton à Montreal.

 

Ferrari à la relance

t.vautrat@sudouest.com

Qui sera champion du monde 2008 ? Bien malin qui peut l’affirmer en toute certitude. Il y a encore deux Grand Prix, il paraissait évident à tous les observateurs que Kimi Räikkönen, impérial sur sa Ferrari, n’aurait pas de rival. Mais depuis sa victoire à Barcelone, le Finlandais a subi la loi de son coéquipier Felipe Massa à Istanbul et de Lewis Hamilton à Monaco. Ainsi, la F1 arrive à Montreal dans une situation très indécise, avec trois pilotes à deux victoires. Mais comme l’année dernière, c’est Lewis Hamilton qui mène le championnat. La grosse différence, par rapport à 2007, où il occupait la tête du championnat pour avoir terminé toutes les courses sur le podium, il compte cette fois deux victoires à son compteur 2008.

On imagine combien le jeune Anglais sera motivé au Canada où il avait signé la première victoire de sa carrière la saison dernière. Ce succès, favorisé par une excellente gestion de la voiture de sécurité, avait marqué l’affirmation de ses ambitions. Les pilotes Ferrari savent combien leur jeune rival apprécie ce type de circuit. Eux qui se condamnèrent à Monaco en commettant trop d’erreurs doivent retrouver leur niveau de compétitivité s’ils ne veulent pas voir Hamilton leur brûler encore la politesse.